Dette Publique France: 3 482 Mds EUR ▲ +1,9% | Émissions MLT 2025: 300 Mds EUR | OAT Vertes Encours: 83 Mds EUR | Obligations SG-FORGE: 250 M EUR | Taux Moyen MLT: 2,91% ▼ -0,3% | Plafond OAT Vertes 2025: 15 Mds EUR | Sursouscription BEI: 12x | Obligations Vertes 2024: 14,1 Mds EUR | Dette Publique France: 3 482 Mds EUR ▲ +1,9% | Émissions MLT 2025: 300 Mds EUR | OAT Vertes Encours: 83 Mds EUR | Obligations SG-FORGE: 250 M EUR | Taux Moyen MLT: 2,91% ▼ -0,3% | Plafond OAT Vertes 2025: 15 Mds EUR | Sursouscription BEI: 12x | Obligations Vertes 2024: 14,1 Mds EUR |
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Marché obligataire français : 5 600 milliards EUR

Analyse du plus grand marché obligataire d'Europe — 5 600 milliards EUR d'encours, structure par émetteurs, tendances 2024-2025 et potentiel de tokenisation.

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Le plus grand marché obligataire d’Europe

Le marché obligataire français est le plus grand d’Europe avec un encours total de 5 600 milliards EUR, selon les données ECB/SUERF 2024. Il devance le Royaume-Uni (5 300 milliards EUR) et l’Allemagne (4 300 milliards EUR), confirmant la position de la France comme émetteur de référence dans la zone euro.

Cette prédominance s’explique par la profondeur du marché souverain français, la taille du secteur bancaire et financier, et le dynamisme des émissions d’entreprises. La France est notamment l’émetteur de référence dans le segment très long de la courbe des taux en zone euro, avec plus de 50 % de l’encours euro au-delà de 30 ans.

Structure du marché par émetteurs

Le marché obligataire français se décompose en plusieurs segments, conformément à la répartition européenne :

SegmentPart du marché total
Secteur public (OAT, agences)50 %
Secteur bancaire25 %
Véhicules financiers (titrisation)12 %
Autres financiers5 %
Entreprises non financières8 %

Les obligations d’entreprises non financières représentent environ 8 % du marché total, soit un encours de 2 000 milliards EUR au niveau européen au T2 2024. Ce segment est le principal candidat à la tokenisation, en raison de la flexibilité de ses modes d’émission et de la taille unitaire souvent inférieure au plafond du régime pilote DLT.

Dette souveraine : le socle du marché

L’Agence France Trésor gère 2 602 milliards EUR de titres négociables (décembre 2024). La dette publique totale française atteint 3 482,2 milliards EUR au T3 2025.

Le programme de financement 2025 prévoit 300 milliards EUR d’émissions nettes à moyen et long terme, avec :

  • 1 nouveau benchmark 3 ans
  • 1 nouveau benchmark 5/6 ans
  • 2 nouveaux benchmarks 10 ans
  • Syndications possibles 15-20 ans et 30 ans

Les résultats 2024 montrent des émissions MLT totales de 339,9 milliards EUR à un taux moyen pondéré de 2,91 %, et des émissions court terme de 201,2 milliards EUR à 3,39 %. La syndication de l’OAT 25 mai 2056 (30 ans) en février 2025, dirigée par BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank, J.P. Morgan et Société Générale, illustre la profondeur de la demande pour la dette française.

Consultez notre analyse détaillée des OAT et du potentiel de tokenisation souveraine.

Obligations foncières : 1er émetteur européen

Le marché français des obligations foncières (covered bonds) place la France au 1er rang des émetteurs pour la 5ème année consécutive, avec environ 38 milliards EUR d’émissions benchmark en 2024, soit 25 % du total zone euro.

Le cadre juridique distingue les Sociétés de Financement de l’Habitat (SFH) émettant des obligations de financement de l’habitat (OH) et les Sociétés de Crédit Foncier (SCF) émettant des obligations foncières (OF). L’encours français était de 145,1 milliards EUR en 2023.

Le marché européen des covered bonds atteint 3 310 milliards EUR fin 2024 (+53 milliards EUR vs 2023), en 7ème année consécutive de croissance. Le segment durable (131 milliards EUR) progresse de +23 milliards EUR en 2024.

Obligations vertes : leadership français

La France est dans le Top 3 mondial des émetteurs d’obligations vertes avec 41,1 milliards USD d’émissions en 2024, 2ème en Europe après l’Allemagne (63 milliards USD).

Le programme OAT vertes cumule 83 milliards EUR d’encours à travers 4 OAT vertes, avec un plafond porté à 15 milliards EUR pour 2025. La 4ème OAT verte (3,00 % 25 juin 2049), émise en janvier 2024 pour 8 milliards EUR, a été sursouscrite 12 fois avec une demande de 98 milliards EUR de 470 investisseurs.

Au niveau mondial, le marché des obligations vertes atteint 2 220 milliards EUR d’encours fin 2024, avec des projections d’émissions de 975 milliards USD en 2025 (+5 % vs 2024). L’euro représente 60 % de la croissance des émissions vertes.

Émissions en EUR par les non-résidents

Un phénomène notable en 2025 est l’explosion des émissions en EUR par les entreprises non-zone euro, atteignant près de 100 milliards EUR (YTD 2025) contre une moyenne de 32 milliards EUR sur les 5 années précédentes. Ce triplement illustre l’attractivité de la devise euro pour les émissions obligataires internationales.

Potentiel de tokenisation

Le marché obligataire français présente un potentiel de tokenisation considérable. Avec 5 600 milliards EUR d’encours, même une tokenisation de 1 % représenterait 56 milliards EUR, soit plus de 30 fois le volume actuel d’obligations tokenisées en Europe (1,7 milliard EUR).

Les facteurs favorables incluent :

  • Cadre réglementaire avancé : la France dispose de la loi PACTE, du statut PSAN et du système DEEP pour la tokenisation de titres
  • Acteurs de premier plan : SG-FORGE a émis 6 obligations tokenisées depuis 2019, la BEI cumule près de 400 millions EUR
  • Infrastructure de règlement : la plateforme DL3S de la Banque de France a démontré le règlement en MNBC de gros
  • Conservateurs actifs : CACEIS, BNP Paribas SS et SGSS développent des capacités DLT
  • Réforme du régime pilote : le nouveau plafond de 100 milliards EUR (vs 6 milliards EUR) ouvre des perspectives significatives

Les projections McKinsey estiment le marché des actifs tokenisés à 2 000 milliards USD d’ici 2030, avec un TCAC de 60 % sur 2025-2034.

Défis persistants

Malgré ce potentiel, plusieurs défis freinent la tokenisation à grande échelle :

  • Le trading secondaire des obligations tokenisées reste sous-développé dans les environnements régulés
  • L’absence de MNBC de gros permanente limite le règlement en monnaie de banque centrale
  • La majorité des émissions tokenisées sont des placements privés ou des systèmes fermés
  • L’interopérabilité entre les plateformes DLT et les infrastructures traditionnelles (T2S) nécessite des développements supplémentaires

Consultez notre comparaison obligation tokenisée vs traditionnelle et notre guide d’émission pour approfondir ces enjeux.

Obligations foncières durables : un segment en croissance

Le segment durable des covered bonds connaît une croissance soutenue avec un encours de 131 milliards EUR en 2024 (+23 milliards EUR sur l’année). Le nombre d’émetteurs durables atteint 82, avec 8 nouveaux émetteurs en 2024. La France, en tant que 1er émetteur européen d’obligations foncières, est naturellement positionnée pour jouer un rôle de premier plan dans la tokenisation de ce segment.

Le cadre juridique français distingue deux types de structures. Les Sociétés de Financement de l’Habitat (SFH) émettent des obligations de financement de l’habitat (OH), collatéralisées exclusivement par des prêts immobiliers résidentiels. Les Sociétés de Crédit Foncier (SCF) émettent des obligations foncières (OF), avec un collatéral diversifié incluant les expositions secteur public, les prêts résidentiels et l’immobilier commercial. La Compagnie de Financement Foncier (CoFF), filiale du groupe BPCE, est le principal émetteur d’obligations foncières.

Crédit bancaire et dette des entreprises

Le crédit bancaire constitue le socle du financement des entreprises françaises. La Banque de France rapporte un encours total de crédits aux résidents de 2 871 milliards EUR (mars 2024), dont 1 349 milliards EUR de crédits aux entreprises et 1 522 milliards EUR aux particuliers. La croissance des prêts bancaires aux entreprises non financières est de +2,0 % en 2024, avec des prêts d’investissement en hausse de +3,5 %.

Le taux moyen des nouveaux prêts bancaires aux entreprises s’établit à 4,02 % en janvier 2025, en forte baisse depuis le pic de 4,80 % fin 2023 (-62 points de base). La répartition par taille montre des dynamiques contrastées : PME +1,0 % (stable), ETI +0,6 %, grandes entreprises +1,9 % (rebond significatif vs -1,7 %).

La dette des entreprises non financières en France atteint 105,63 % du PIB nominal (septembre 2025), parmi les plus élevées en Europe, créant un besoin permanent de solutions de financement diversifiées, dont la tokenisation.

Titrisation et affacturage : segments connexes

Le marché français est également connecté à un écosystème de titrisation dynamique. Le marché européen de la titrisation atteint 1 270,3 milliards EUR d’encours au T3 2025 (+6,8 % en glissement annuel), avec des émissions placées de 144 milliards EUR en 2024 (taux de placement de 58,8 %). France Titrisation, filiale de BNP Paribas, gère plus de 130 fonds pour 100 milliards EUR d’actifs sous gestion.

L’affacturage français, leader européen avec environ 431 milliards EUR de créances traitées annuellement (environ 16 % du PIB national), est un autre segment connexe. Le crédit immobilier (1 284-1 287 milliards EUR d’encours, production 2025 de 146,5 milliards EUR, +33 %) alimente les RMBS qui représentent 47 % du collatéral de titrisation européen.

Dynamique du crédit privé

La France est numéro 1 en Europe pour la dette privée, avec 116 deals au S2 2024 (contre 137 pour le Royaume-Uni et 55 pour l’Allemagne). Le marché européen du crédit privé a enregistré 855 deals en 2024 (+41 %), avec des AUM projetés à 940 milliards USD d’ici 2030 (Preqin). L’implémentation de Bâle IV pousse les banques à devenir plus sélectives, transférant progressivement le crédit bancaire (70 % du financement total actuel) vers les fonds de dette privée, candidats naturels à la tokenisation.

Le fundraising européen de crédit privé a atteint 65 milliards USD sur les 9 premiers mois de 2025 (record, +14 % vs 2024), avec des méga-fonds comme Ares Capital Europe VI à 17,1 milliards EUR.

Consultez notre brief crédit privé record 2024 et notre comparaison crédit privé vs obligataire tokenisé pour approfondir ce segment.

Obligations vertes et finance durable

La France est dans le Top 3 mondial des émetteurs d’obligations vertes avec 41,1 milliards USD d’émissions en 2024, 2ème en Europe après l’Allemagne (63 milliards USD). Le programme OAT vertes cumule 83 milliards EUR d’encours à travers 4 OAT vertes, avec un plafond porté à 15 milliards EUR pour 2025.

La 4ème OAT verte (3,00 % 25 juin 2049), émise en janvier 2024 pour 8 milliards EUR, a été sursouscrite 12 fois avec une demande de 98 milliards EUR de 470 investisseurs — la plus grosse émission d’OAT verte jamais réalisée. Bpifrance a émis en 2024 la première obligation verte sous le nouveau label European Green Bond (EuGB) pour 1 milliard EUR. EDF cumule 14 milliards EUR d’obligations vertes depuis novembre 2023. Carrefour a émis la première obligation sustainability-linked (SLB) en 2026 pour 500 millions EUR.

Au niveau mondial, le marché des obligations vertes atteint 2 220 milliards EUR d’encours fin 2024 (Climate Bonds Initiative), avec des perspectives d’émissions de 975 milliards USD en 2025 (+5 %). L’euro représente 60 % de la croissance des émissions vertes. Les obligations vertes tokenisées européennes atteignent 483 millions EUR, soit 28 % du marché numérique européen.

Cadre réglementaire et perspectives

Les obligations du marché français sont encadrées par MiFID II (neutralité technologique), le régime pilote DLT (plafond de 100 milliards EUR après la réforme de décembre 2025), la loi PACTE et le système DEEP. L’AMF et la Consob ont publié une position commune en avril 2025 recommandant d’augmenter les limitations d’admission et d’étendre les actifs éligibles. Le rapport ESMA de juin 2025 évaluera le régime pilote.

Les conservateurs institutionnels (CACEIS, BNP Paribas SS, SGSS) développent des capacités de conservation DLT. La MNBC de gros de la Banque de France via DL3S et le Projet Appia préparent l’infrastructure de règlement pour le marché obligataire tokenisé de demain.

Sources externes : Banque de France, AMF.

Émissions notables et innovations

La syndication de l’OAT 25 mai 2056 (30 ans) en février 2025, dirigée par BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank, J.P. Morgan et Société Générale, illustre la profondeur de la demande pour la dette française longue. La France détient plus de 50 % de l’encours euro au-delà de 30 ans.

Les émissions 2025 maintiennent un rythme soutenu avec 12,995 milliards EUR en mars, 11,996 milliards EUR en avril et 11,500 milliards EUR en octobre. Le programme OAT vertes cumule 83 milliards EUR, avec la 4ème OAT verte (3,00 % 25 juin 2049) émise pour 8 milliards EUR en janvier 2024, sursouscrite 12 fois avec 98 milliards EUR de demande de 470 investisseurs.

Le crédit immobilier français (1 284-1 287 milliards EUR d’encours, production 2025 de 146,5 milliards EUR, +33 %) alimente les RMBS et covered bonds. Le taux immobilier est passé de 3,59 % (janvier 2024) à 3,05 % (janvier 2026), parmi les plus bas de la zone euro.

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